Tu as l’air en bonne forme, on danse ?
Tes bras tendus vers mon balcon, lancent
Un appel à l’harmonie. Pointant
Tes antennes de feuilles vers le ciel, temps
Compté maintenant, tu es l’insecte,
Mon géant, celui que j’affecte
Etre aux pieds de la sauterelle, ici
A quelques mètres, inaccessible ni
Intouchable, tes racines en terre,
Le tronc porte ton expression. Frère
De nature, ton destin, est ce le même
Que tes concitoyens au dilemme
D’avoir été coupé au pied. M’aimes
Tu même si je ne peux sauver, blême
De mon impuissance, deviendras tu
Le papier sur lequel j’écris, lu
Ou non, nature transformée me fait
L’effet d’assentimentalité.
Mais je t’aime pourtant, depuis un an
Que tu es mon rayon vert brillant
Vu de mon appartement, la tête
En papillon, tes branches bien faites
Tels les membres d’un être animé.
Je voudrais que tu reste sur terre
A mes cotés, mon arbre, repère
De beauté et d’amitié, fidèle
De ta chaleur à distance, Eiffel
De mon cœur, ajusté à ma vue.
Et pour du béton armé, crois tu
Que les Hommes vont t’aliter, à faire
De ton éphémère une fin à taire ?
– Pleure, pleure ! Tous les arbres sont coupés !
pas de relief, pas de plume, souper
grisé, les oiseaux ont disparu,
les couleurs artificiels n’ont plus
d’origine – La vison du futur
fait peur, je te contemple, voiture
des esprits, cet arbre mon voisin
et prie – pour une fois sans coutume – qu’un
Homme constructeur pense te garder dans
Le paysage des humains, des ans.
Candice, 09/10/05, sur mon balcon en face Gingko Biloba, Rencontres