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 Coxypy

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"Le Grand Soir" de Delépine & Kervern

Publié par OqoT.P. Coxypy sur 11 Juin 2012, 11:26am

Catégories : #Articles

Not, le plus ancien Punk à chien d'Europe, se pointe dans le centre commercial où son frère vend des matelas, et où ses parents tiennent une Pataterie. Après l'anniversaire de leur mère, Not erre dans ce temple de la consommation, tandis que son frère voit sa vie "dans la norme" se désagréger petit à petit. Les deux frangins, si antithétiques depuis de longues années, vont alors se rapprocher pour atteindre la liberté.

 

Le-Grand-soir_avec_Dupontel_et_Poelvoorde.jpg

 

Gustave Kervern vient ouvrir la séance du 10 juin à 17h59 au MK2 Quai de Seine, il parle naturellement de la fragilité de ses comédiens : Dupontel est obsédé par le fait de faire du sport, Poelvoorde est en prise à ses addictions. Très différents, ils ne sont pas entendus à la première rencontre, et finalement, sont revenus pour le film. Brigitte Fontaine refusait de jouer un rôle de "la mère". Le seul rôle qu'elle pouvait accepter au cinéma était celui "d'une sorcière qui fume dans une forêt bretonne". Délépine et Kervern ont réédité le scénario avec "une sorcière qui fume dans une forêt bretonne" à la place de "la mère", et Brigitte Fontaine a accepté le rôle. Elle est, selon Gustave, la punk du film... avec le chien de Poelvoorde, qui pour la croustillante anecdote, a mordu le 1er assistant réalisateur.

Voyons Gérard Depardieu, Les Wampas ainsi que toutes les personnes à l'écran : aucun n'est figurant, tous les intervenants du film sont des personnes qu'ils connaissent, avec qui ils gardent contact, "y a toujours une histoire derrière ces gens là". Gustave compare le film à une "cour des miracles", la réalité humaine y est forte et touchante, et au final non-amateur de par sa vérité. "On a voulu faire une film comique à la base, et en fait je crois que le film est beaucoup plus grave que prévu, et tant mieux."

 

"Film social", "film vivant", Gustave estime que "Le Grand Soir" pourrait être classé en "art et essai" en terme de contenu, et se justifie surtout "dans la manière de filmer" : très peu de champ/contre-champ, l'histoire se passe dans des scènes en cadre fixe plan séquence. Le mouvement se situe à l'intérieur, et en discussion, le spectateur ne voit l'expression que d'un seul des personnages en dialogue. Une prise de partie forte, et troublante, qui prend son tour de force au moment clé lorsque Not (Poelvoorde) et Dead (Dupontel) s'entretiennent avec leur parents pour une annonce fracassante. Cependant le montage est un poil faible, laissant traîner quelques images en photographie fixe, et s'éparpillant dans la trame narrative... une fois l'idée acceptée, le temps est suspendu dans cette zone commerciale où l'on attend le grand soir. Autre faiblesse à vérifier lors d'un autre visionnage : le son est cave, est-ce une volonté artistique d'entendre l'effet post-produit, à la façon nouvelle vague?


Gustave témoigne de leurs succès (Mammuth, Louise Michel), les trouvant "encourageants pour les petites boites de prod, on peut faire des films originaux (...) et des entrées." Il y a en effet quelque chose d'accessible dans les propositions cinématographiques de Delépin et Kervern. Groland aidant, la vérité surgit comme témoin de l'époque : avait-on seulement un film existant sur la philosophie d'un Punk à chien? Très jolie performance de Benoît Poelvoorde, qui entre dans la peau du personnage : démarche, attitude, pensée. La thèse du punk descendant de l'Amérindien est séduisante. Dupontel porte avec angoisse le prototype du mec qui a tout pour avoir réussi sa vie dans la norme exigée par la société, et pourtant, sa déchéance progressive est tenue de façon réglo. C'est poétique.

 

 

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Nova 22/06/2012 08:26


Un des films que je veux vraiment voir ça :)