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 Coxypy

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Cronenberg ou la destinée

Publié par OqoT.P. Coxypy sur 3 Juin 2012, 10:58am

Catégories : #Articles

Le prince Eric Packer, dans sa limousine blanche, fait un caprice : le maitre-étalon connecté en haut de l'échelle du capitalisme chevauche New York pour aller chez son coiffeur de famille.

 

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Sur le chemin, alors que la menace - relayée par son garde du corps au destin tragique - fait rage, le jeune Packer confronte son ego de golden boy à celui du président des Etats Unis. Faire fit du pouvoir car l'argent, c'est lui, il rencontre divers personnages dans sa limo à la façon d'un Zadig cynique : ses associés, ses maitresses, sa femme, son médecin remplaçant. La fable propose le déclin du capitalisme du point de vue du seigneur blasé et déterminé. 28 ans, prodige des chiffres du capital, Packer a la prostate asymétrique et c'est perturbant. Cependant, il pense échapper aux rats, uchronie d'une nouvelle monnaie d'échange, mais la menace, fantôme dans le concept, le poursuit.

Les rues de New York incrustées sur les fenêtres de la limo, sont les écrans d'une la réalité extérieure roulant vers le chaos. Depuis le véhicule huis-clos, Packer discute le chiffre, l'art et le sexe avec ses connaissances au rendez-vous sur la route. Cherchant à expérimenter des souffrances extrêmes, le petit Packer s'ennuit, il erre dans la cité occupée pour arriver à l'objet de son désir : la coiffe dans une séquence élégante. Les armes jouent leur rôle du rêve américain. Sa femme ne veut pas coucher avec lui mais veut bien lui prêter de l'argent pour maintenir l'empire. Les rats menacent. Les dialogues abscons s'enchaînent, du coq à l'âne, le texte de Don DeLillo ne perd rien de son prestige, tant Cronenberg applique les mots dans son univers pictural. Mais sujoue-t-il les cadres plongés? Que les poètes et philosophes s'attardent pour apprécier le verbe.

Bien maquillés, les décors, au delà du tribunal-limo qui extérieurement prend un tour inattendu, sont somptueusement peints à l'ancienne : le salon du coiffeur, le garage où dorment les limousines, l'appartement de la scène finale, les couleurs et détails rappellent qu'en studio, on a les moyens d'augmenter la réalité en tirant le trait. Lorsque le vampire tente d'échapper à ce qui lui vaut sa gloire, on est à la limite de la croyance : Robert Pattinson devrait peut être s'essayer à la comédie pour brouiller les pistes. Cela dit, des caractères forts sont proprement dessinés, Juliette Binoche en art-dealer baisante, Mathieu Amalric en entarteur revanchard, Sarah Gadon en poétesse pourrie-gâtée, Kévin Durand, en garde du corps conscient mais impuissant, Paul Giamatti, en voix de la raison une serviette sur la tête. Pour savoir si le capitalisme va mourir, un Cosmopolis 2 pourrait être utile.

 

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