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 Coxypy

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L’excitant lexique de « Lila dit ça »

Publié par Candice sur 19 Juillet 2006, 08:34am

Catégories : #Livres

             L’envers du décor : dix ans après la parution de cet écrit, la cité brûle encore sur les écrans de télévision. Chimo photographie son univers, à la fois amateur et observateur participant à la manière d’un ethnographe inconscient. Dans son carnet de terrain, les mots coulent comme le son parlé, les fautes s’oublient, évanescentes à laisser le sens témoigner d’un mal-famé apprivoisé.

 

 

            1996 Chimo est l’écrivain anonyme ; « Nous ne l’avons jamais rencontré et ne savons rien de lui » avertit l’éditeur (Plon). Et pourtant, l’intime pensée de Chimo s’immisce dans celle du lecteur, racontant un quotidien elliptique, celui d’un jeune rebeu anomiste.

 

 

            Lila, c’est le rêve, la Maya (cf. : l’expression lilâ maya qui signifie en sanskrit : « jeu de dieu »), celle qui devient le pourquoi-vivre. Avec ses fantasmes elle bouscule, elle pénètre… et le lecteur l’attend autant que le narrateur. Elle te rentre dedans, même si c’est elle qui prend.

 

 

            Mal syntaxé, le sens pourtant percute ; une réalité que l’on imagine pas, même dans les cauchemars les plus fous… entrevue sur l’autre coté du miroir : l’omis des médias et des savoirs.

 

 

Les propos de Chimo défilent comme une monographie non-organisée. Perdu ? Oserait-on lui dire que tout est possible ? A lui, l’inconnu qui trace son ressenti comme on pense parfois ne pas pouvoir le dire. Chimo, l’enfant perdu de l’Etat souverain, fils de… l’immigration en France.

 

 

            A bâton rompu, ce livre est une claque mise à la littérature entendue. Peu probable d’initier les belles lettres de l’académie, le coup de point sociétal fait mal : nous sommes tous dans ce monde, et la réalité nous parle, Lila dit ça, et Chimo écrit ça !  La réalité de cette fiction abaisse les yeux sur terre.

 

            De mots au son Slam, les idées s’enchaînent, rapides, et quelques balles perdues réveillent la conscience. Ce livre est un possible littéraire, où l’atroce symbole de la tragédie se perpétue.

 

 

"Lila dit ça", Chimo, Plon, 1996

 

 

18 juillet 2006, Rennes

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