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 Coxypy

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Saul Stacey Williams à Rennes

Publié par Candice sur 11 Juillet 2006, 14:00pm

Catégories : #Articles

Saul Stacey Williams vit de sa performance sur les scènes internationales, dans les festivals et autres lieux de représentation. Il fait des disques, des livres, et acta le film « Slam ». J’ai eu l’occasion de rencontrer ses camarades à l’Utopia et à la cinémathèque de Toulouse en 2003 : Jessica Moore et Sharrif Simmons. Vraiment inspirés des villes et réalité américaines, le flot sonne bien. Alors qu’il déclamaient leurs textes, la traduction paraissait sur écran cinéma derrière eux. Je vais le voir à l’Ubu, le 17 décembre 2005.

 

Saul Williams a fait évoluer son slam. Un machine à son tenu par un gars de Brooklyn, rythme le chant slamé, rapé de Saul. Il est arrivé sur la scène de l’Ubu vers vingt trois heures. Je suis bien placé, mais j’étouffe des gens autour de moi… Pourtant mon voisin est mignon, et tranquille, j’ai un peu parlé avec lui à l’entracte, mais la pression et trop forte. Et puis je commence à me taper un délire ! Ce n’est pas lui, c’est un sosie. Je suis assez surprise du changement de son, d’un beat criard et expérimental, et d’un son de salle n’étant pas non plus des meilleurs. Il fait des petits trucs transe avec son corps. Et si Saul Williams était une marque déposée ? et si dieu était mort ? Où est Saul Williams ? L’ont ils tué pour son fric et sa popularité ? Toute cette impression rejoint la vision anti-utopiste du monde qu’il est possible d’avoir. A moins qu’il fusse fatigué, et qu’il embaucha un frère pour faire le boulot en salarié. Bref je n’y crois pas.

 

 Je retourne parler avec le roadie, Sam Card. Je crois que je lui plais, et il est sympa. Je lui demande où est Saul Williams ? Il me montre l’écran géant, et je lui explique que je m’attendais à du slam performance. Il me dit que ça c’Il me montre l’écran géant, et je lui explique que je m’attendais à du slam performance. Il me dit que ça c’était avant. Je fais ma blasée, jusqu’à lui dire que je vais rentrer. Et Sam, en sauveur de concert – et ce type conduit la voiture de Saul – me propose de monter en backstage après le concert. A ce moment là, Saul fait un texte sans micro, juste à la force de la voix. J’accepte qu’il s’appelle Saul et qu’il transporte toute cette représentation que je m’étais faite du griot. Cela le mensonge reste un hypothèse possible ; qu’est ce qui prouve l’authenticité des êtres humains ?

 

Le concert perso se termine, pas un texte a été traduit. Saul est applaudit, et il fait ce truc magique pour les slameurs locaux. Il les invite sur scène à slamer avec ou sans la machinerie derrière. J’en reconnais quelques uns qui s’improvise plutôt pas mal. Des textes rap, ou textes poétiques remis à la sauce du Dj Saul Williams qui prend de temps en temps les manettes de son camarade de Brooklyn. Je parle toujours avec Sam, je lui raconte dans mon anglais atypique  (work in progress) que dans un an, je serai sur cette scène avec mes fellows ! Mot qui le fait rire ! il me raconte qu’il a fait une vingtaine de pays déjà, qu’il travail dans la musique depuis quinze ans. Il me raconte les tournées en bus à deux étages, où tu peux dormir en haut, avec les fellows. Et l’utilisation d’avions pour se déplacer aux Etats Unis.

 

Quinze euro le cd officiel, quinze euro le cd mixé… avec du gros boum boum, je suppose. Ouais j’ai gagné quatre pins, un autocollant, une bière, quelques clopes, et une ascension dans la loge de Saul Williams. Sam me dit qu’il doit vendre les disques à la sortie, puis nous irons ensuite. Je parle avec Guillaume, un ancien collègue qui est maintenant musicien, il fait de la basse et je cherche un bassiste, nous échangeons nos numéros. Je parle avec ZS, un slameur rennais. Je fais chier, je parle boulot ; il est en master de lettres en assidus à l’uni de Rennes II. Il me renseigne sur quelques points. Il est absolument égocentrique, à savoir comment il était sur scène, répond à mes questions sans retourner la pareil, ni même en poser une seule, et s’éclipse sur un lamentable « j’ai soif ». enfin bref, c’est une sorte de collègue qui renseigne, et qui monte sur scène. Je tourne en rond dans la salle, demande au bar où il faut déposer les maquettes pour un groupe en concert. Elle me dit de choper Jean Luc Brassard, un type au cheveux blanc, que je vais le reconnaître… Ah oui, il est là. Il me dit de déposer au bureau, rue je m’en rappelle plus, ou l’envoyer, ou à l’Ubu pendant un concert. Il a l’air d’un mec cool pour son âge ! Bon allez, on y va ?

 

C’est pas que je veuille me la raconter, ouais c’est très Hip Hop ! Bon, on passe la porte, ZS dans l’angle reste là… Non vraiment, parfois, j’ai la vengeance naturelle sadique, sans pour autant la provoquer. Je monte les escaliers avec Sam, il ouvre la porte, Saul est assis là avec une fille, Camille, la dernière qui ai chanté avec lui sur scène pour ce concert – un truc jazz coïtal, elle jouissant son chant, pendant que Saul faisait la Human beat box ! – Saul fait les yeux blancs, cette attitude qui ressort plus à l’apparence noire. Je ne sais pas ce qu’ils ce disent, mais bon, j’ai le droit de rentrer, de serrer la main à Saul avec présentation, Sam lui dit que je suis un grande fan, il s’appelle Saul, et fait le très bon accueil à tous les gens qui lui font l’honneur…  Sur ce, il allume son Imac, et montre à Camille sur écran ordinateur, sa « girlfriend » . Ouais, je te jure, la chasse gardée. Il est désinvolte, peut être calmé par le show. J’arrive à lui demandé si c’est la dernière date. En France oui, mais ce n’est pas la dernière date. Eh mec ! Je me fait servir un verre de vin par Saul, ouais, même si c’est un faux, quand même ça le fait. Il s’en sert un aussi. Sam prend le volant ce soir, ils vont dormir au Mans. Saul part pour la Scandinavie , et Sam pour Londres, il rentre chez lui. Bon allez, bien sûr qu’il se la pète, ais c’est raisonnable, il est abordable, parle avec les fans. C’est assez drôle chacun y va de son projet, joël veut faire un documentaire avec lui, un autre gars, style rappeur lui dit qu’il est une groupie, Saul répond « I know » puis il file son email comme ça « saul@saulwilliams.com ».

 

Je délire avec Sam, il est cool. En fait Saul a son Imac, ses groupies, les photos, les autographes, et il mange aussi. Brooklyn boy a ramené une fille, une rennaise, on parle un peu, mais elle me fait un geste qui explique son état d’ivresse, du moins c’est ainsi que je l’interprète. Brooklyn boy est le Dj cxkid… etc. Celui qui fait les Boum Boum derrière la voix. Il fume des pommes, ouais la fait tourner, jusqu’à Saul, qui dit mignonnement, « … Weed ? » Non, on me la fait pas, je ne veux pas savoir, ça ne sent pas l’herbe… Mais puisque mes yeux voit une pomme ! Saul la repose comme dans un geste de rejet en se rappelant qu’il a arrêté. Non je ne connais pas l’histoire des ses addictions. Après avoir chopé l’email de Sam, son numéro à Londres et l’email du documentariste Joël, j’écris sur le verso de la feuillette ‘with Saul S. Williams, please write me something sweet’. Il mange, je lui montre, il sourit et m’invite à attendre la fin de son repas… C’est quoi, des tartines de beurre ou quelque chose comme ça ? Je lui saute quasi à la fin de sa tartine, non qu’est ce qu’on les stars à rendre les gens fous ? Je contrôle à moitié. Et il écrit something sweet « Candice, Love and blessing on your journey, Love, Saul » Ouais cool, un peu prêcheur. Mais il ne fait pas ses quarante ans… c’est peut être bien son jeune frère ! J’adore penser le Faked up ! Bon admettons que ce soit le vrai, mais sincèrement je n’y crois toujours pas, et le fait de me retrouver comme une fleur dans la loge n’arrange en rien ma mécréance. C’est cool. Le manager a bien la tête de l’emploi, il est sexy cela dit. Non mais pourquoi je dis ça ?

 

 Je descend avec Sam, on délire sur la parking, je me demande where I am, célèbre phrase de Keith Richards descendant du bus. On se dit au revoir, il me dit de passer à Londres, « come alone », bises. Je remonte vite fait dans la loge pour faire un ‘bye bye’ avec ma voix de fille. Saul dit « Who’s that » Brooklyn boy dit « Bye » Saul dit « Bye bye » et la rennaise de Brooklyn Boy ? Et je me casse comme une petit souris – ouais c’est ça le mythe de la petite souris qui peut se placer et sentir ce qu’elle veut ! – je me casse en lançant des bye bye au manager aux membres du groupe de première partie. En deux mots, trois mouvements : Spontane est un groupe expérimental de Hip Hop instrumental, le scénique est excellent, mais la musique est… particulière. Ouais je l’ai dit au beau Roger, musicien des Spontane, cela dit charmant. Et là, pour ma peine de petite souris, le bus de nuit allait venir dans une demi heure, alors j’ai marché trois quart d’heure pour rentrer chez moi. J’ai pensé à cette scène du film Slam, quand il marche comme ça dans la ville… Et j’ai chanté, fait quelques rythmiques avec des mots, en anglais, des gens m’ont dépassé, j’en ai dépassé d’autres. Rien à signaler sur l’insécurité dans la rue.

 

 

18/12/05, Rennes       

 

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