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 Coxypy

Coxypy

2è SLAM national à Nantes 2005

Publié par Candice sur 11 Juillet 2006, 13:57pm

Catégories : #Articles

             J’ai contacté Brice, de Slam Zone Ouest (association rennaise de Slam), pour savoir si le bus dont il avait parlé était mis en place pour aller à Nantes, à l’occasion du 2ème Grand Slam National. N’ayant pu obtenir le bus, Brice s’occupe de mettre les gens en relation pour y aller en voiture ensemble. Devant partir à onze heure du matin avec Marex, slameur non sélectionné, je rencontre les deux autres filles prévue dans sa voiture, Place de Bretagne. Au bout d’une petite heure d’attente, sans pouvoir joindre autre chose que le répondeur de Marex, nous marchons vers la gare, parlant de faire du stop si les transports en commun nous semble trop chers. 9 € tarif réduit par le train, 16 € par le bus, nous prenons le métro jusqu’à la station Henry Fréville, puis nous rejoignons le rond point qui mène à Nantes. Sur la route, pousses levés, à peine dix minutes, et Guillaume s’arrête. Même pas le temps de faire une pancarte ! Il est étudiant en prépas à Rennes, et retourne à Nantes, il nous emmène toutes les trois. A deux heures, il nous déposent au tramway. Première fois en stop, première fois en tramway, première fois à Nantes, première fois au Grand Slam. 

 

            Vers deux heures dix, nous arrivons au Lieu Unique. C’est une ancienne usine, longtemps squattée, elle a été institué en lieu culturelle nantais. Un bar avec transats et canapés, une librairie, un guichet, un magasin d’objets ‘uniques’ et rares, et plusieurs salles de représentation, dont un amphithéâtre : le Grand Atelier. Les équipes se sont déjà présentés. Je monte à l’étage où se situe les ateliers, avec un sirop de violette à l’eau qui intrigue Murder, un slameur de Nanterre qui se déplace avec son poste à Hip Hop. Je soutiens l’équipe de Rennes : Dgé, Luciole, Saphir et ZS. Ils passent au deuxième round. Sur le premier, je découvre les slameurs de Troyes, ce qui me permet par la force du tirage au sort, d’avoir une équipe favorite dans chaque manche. 4 poètes dans chacune des 16 équipes, chaque slameur passe deux fois sur scène, soumis à la notations du jurys pioché dans le public. La logistique est assurée. 4 équipes par round, 8 rounds de 14h à 21h, sur deux scènes en parallèle. L’ordre de passage est retransmis par informatique sur les écrans géants des ateliers, et les postes de télévisions au bar du Lieu Unique. Muni d’un logiciel conçu pour l’occasion, qui est envié de plusieurs régions du monde, un ordinateur portable envoie les résultat s’affichant en direct. 

 

            Les slameurs viennent sur scène, en moins de trois minutes (au delà de trois minutes dix secondes, il y a pénalité), mettre leurs textes au service du l’auditoire. Ils performent de leurs corps, de leur voix et de leur texte mis en scène. Deux présentateurs mènent leur atelier, dans l’ambiance chaleureuse des acclamations, invitant à applaudir et encourager les poètes. Toutes sortes de textes, de façons de dire, de faire explosent sur les scènes. Les juges tentent de rester intègres tandis que le public s’éclatent à les influencer. Des caméras numériques et plus professionnelles couvrent l’événement. La médiatisation restreinte de ce mouvement permet aux textes de ne pas être trop manipulateur, et libre d’expression. Cela dit, il paraît que c’est retransmis sur Internet. 

 

            La chaleur est forte, tant dans l’intensité des textes et de leurs prêcheurs que dans la saison (le plus chaud week-end de juin dans les températures). Pour ce rafraîchir, le bar du Lieu Unique accueille : canapés, fauteuils, chaises et tables à l’intérieur, transats et tables à l’extérieur ombragés d’arbres et de parasols. Un cour d’eau important passe juste à coté,  offrant ses berges pour se détendre, faisant une aire de repos paisible, point de chute de l’équipe rennaise entre deux performances. 

 

            Des poètes comiques, des poètes qui font participer le public, des poètes qui créent une forte émotion, des poètes théâtraux, des poètes en extase, des poètes performants. 

 

            Un DVJ (disc & vidéo jockey) met la musique au bar du Lieu Unique, c’est bien satisfaisant, des fellows à découvrir, assise dans un fauteuil de style, l’écran résultat en face de moi, je dit ‘merde’ à Luciole en frappant doucement son épaule, juste avant la représentation du slam en individuel. Elle est la seule sélectionnée de mes favoris dans les dix de la finale. Je n’ai que mes lunettes de soleil, qui sont tombés du deuxième, troisième étage dans l’après midi. Je les ai fait réparer gratuitement chez un opticien de la ville en un tour de tramway. Entre deux sets, je suis aussi allée me réserver un lit à l’auberge de jeunesse. Passionnant. Ah oui, et un intellectuel de Strasbourg m’a fait un plan drague caché sous une interprétation du slam « humaniste, socialiste et bonne enfant »… Je l’écris parce qu’il m’a demandé ce qui resterait de cette rencontre : deux, trois lignes. Non, un peu plus en fait, si j’avais accepté de prendre son bracelet pass, je serais rentrer gratuitement, mais Candice a ses limites dans la débrouille, et j’avoue que des fois, je ne comprends pas mes réactions. Luciole la rennaise a gagné la finale individuelle. 

 

Une scène ouverte de slam est organisée en off, de minuit à 4h du matin dans un restaurant, bar ambiance. Pilot le Hot (investigateur de Grand Slam), Patricio, Kad et Brice y sont. 

 

            Les slameurs que je préfère sont ceux qui claquent les mots, d’un débit rapide mais compréhensible. Et aussi, les comiques.  

 

            Le dimanche matin, je déjeune à l’auberge de jeunesse. Je me retourne et croise Grégoire, un slameur de Nanterre. Je lui dis que j’ai aimé ses textes, Grégoire fait des textes assez drôles, dont un sur le ridicule de la formule « bonne année » et un autre sur Romane Boringher. Il m’explique qu’il fait une école d’acteur, qu’il veut faire du one man show. Il s’est présenté au hasard, et s’est retrouvé dans l’équipe de Nanterre. 

 

Les Etats généraux au bar du Lieu Unique ont lieu vers 10h. J’arrive à l’heure, après une petite ballade touristique dans Nantes. Je m’infiltre dans la salle sans autorisation, demande à Pilot le Hot s’il existe une librairie en France qui importe de la slam poésie, en particulier the seventh octave de Saul Stacey Williams, mais franchement il a d’autres chats à fouetter. Il s’esquive rapidement dans l’organisation du show. Une table carrée est mise en place, organisateurs, poètes, public parlent en collectif, une sorte de spectacle communautaire au principe démocratique, la réunion fameuse de la « famille du slam » pour la construction du mouvement dans l’Histoire … 

 

Les questions débattues sont prises en notes, elles seront traité en cinq minutes après l’intervention de Mark Ely Smith. Il définit « the principle of slam » comme un mouvement issu de la pratique, un mariage entre performance et écriture, le slam est plus un spectacle événement qu’un poète seul. Le public est l’élément le plus important. Le slam, selon Mark E. Smith est un partage de l’expérience avec la liberté de faire. Le poète sert le public, et les organisateurs servent la communauté du slam. La compétition est en fait un théâtre, un intérêt pour attirer le public. Les meilleurs peuvent être éphémères. En parlant du slam, il dit « Spread it, because entertainment for free », c’est ouvert à tous les styles (rap, sonnet, haïku…), à toutes les personnes, à tous types de poètes. Selon lui, il n’existe pas de poésie slam type. L’important est de faire vivre la poésie, hors du cadre universitaire. La scène est un privilège, cela dit le poète doit le respect au public. Il n’y a pas de censeur, il témoigne des USA puritains, et des explicit lyrics. Aux Usa, le slam se développe chez les enfants et les adolescents, et aussi, je cite « Americans have a lot of strategy to count points » ! Sur la question du coaching, il répond que le coach fait parti de l’équipe (composé d’un coach, quatre membres et d’un remplaçant.) La mise en scène est assuré par un slam master. Le slam, c’est le son de la voix, le rythme du texte, l’intensité, le mouvement du corps, le look. 80% de la communication ne vient pas des mots. Aux USA, il y a un comité exécutif de sept membres qui travaillent sur ce qui se dit et se vote en assemblée générale des slam masters (une voix par équipe représentant un lieu géographique). Ce comité établit les lois internes, et a compétence pour répondre aux questions. « There is a slam family » par fédération. Il dit « I fuck the rules » mais reconnaît le besoin d’une communauté pour l’établissement de règles. Le prétention de l’initiative, ces propos et pensées de Mark Ely Smith ont été recueillis lors des Etats généraux. 

 

Les réponses aux questions posées en début de séance vont être débattues. Litiges et conflits personnels parallèles au slam. Certains slameurs sont interdits de scène pour comportements et propos dérangeants. Comme dans la plus part des familles, il y a des exclus. 

 

Question que je me pose à ce jour sans réponse : le slam est untexte et une performance, le slameur se doit il d’être forcément l’auteur ? L’association est elle possible entre un poète et un acteur ? 

 

J’ai entendu une flûte bretonne sur un beat Hip Hop. 

 

Slam production (l’affaire de Pilot le Hot) veut mettre en avant l’importance du public. L’ambiance des Etats généraux est sereine tant qu’on aborde pas le sujet des interdits de scène. Le débat est houleux, Pilot justifie son choix par rapport aux exclus, il ne souhaite pas entendre leurs propos extrémistes sur sa scène. 

 

Le premier Slam de poésie interscolaire se déroule dans le Grand Atelier. Les mômes donnent tout ce qu’ils ont écrit et appris. Encouragés par les enseignants et le publics, les douze enfants sélectionnés des trois équipes en présence, font le spectacle bien aussi correctement que les plus grands. Certains sont surprenant de leur aisance sur scène. On s’en l’enthousiasme qu’ils ont à dire leurs textes. Ils expriment aussi des textes en équipe, ce qui est autorisé dans les règles. Un poète peut se faire suppléer par un ou plusieurs coéquipiers. C’est l’école de Bobigny qui l’emporte. 

 

Après l’acquisition d’un bracelet de festivalier, je peux assister à la demi finale. Voyageant entre les deux scènes, je soutiens toujours l’équipe de Rennes qui est sélectionné. Saphir est angoissé à la vue des jurys. Les craintes s’estompent à l’entente des notes qui les mènent en finale. Luciole qui a gagné la finale individuelle encourage moralement tous les membres son équipe. Brice est le maître de cérémonie de la scène où passe Rennes, difficile de rester impartial. 

 

Vers 17h, dan le Grand Atelier, Marc Ely Smith performe. Il dit combien il apprécie ce tournoi, malgré le fait qu’il ne parle pas français. Puis il explique la naissance des textes, qu’il slame. Pilot le Hot et le traducteur personnel de Marc E. Smith traduisent en même temps. Pour ce qui est des poèmes slamer, les textes sont projeter en français au fond de la scène. C’est intense, le public applaudit et se lève en ovation. 

 

La finale suit, avec toute la ferveur du public et des poètes. La salle est comble, certains sont assis dans les escaliers, l’amphithéâtre est plein comme lors d’une assemblée générale de grève à l’université. Le Café de la Plage de Paris gagne, sacré équipe nationale de slam pour une année. Ils sont super content, s’embrassant sur scène. Les rennais de l’Elsa Popping sont deuxièmes. Tout le monde est remercié de sa participation.  

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