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 Coxypy

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Bruits du monde : vendredi

Publié par Candice sur 11 Juillet 2006, 12:22pm

Catégories : #Articles

LES BRUITS DU MONDE : RENCONTRES POETIQUES

A la Villa Beauséjour - Maison de la Poésie de Rennes

du 30/09/05 au 02/10/05  

Avec le partenariat de La Péniche Spectacle

(amarrée Quai Villa Beauséjour)

Avec le soutien de la Ville de Rennes

du Ministère de la Culture et de la Communication

du Centre National du Livre

et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne

Vendredi 30 Septembre 2005

18h00 : Le bruit des langues – Villa Beauséjour

-         Ouverture de la deuxième édition « Les Bruits du Monde », 

par le président de Beauséjour-Maison de la Poésie , Jean-Louis Méloche.

Chaque auteur invité lira un poème dans sa langue.

18h30 :

- Présentation de l’exposition de poèmes-objets réalisés par les étudiants des Beaux-Arts de Lorient (en collaboration avec la Bibliothèque Départementale d’Ille-et-Vilaine)  

19h00 : Entrez  en résidence– Villa Beauséjour  

- Conversation autour de la résidence d’écriture, avec JEAN-PASCAL DUBOST  (résident d’automne 2004) et DENISE DESAUTELS  (résidente d’automne 2005)

            Un peu avant dix huit heures, l’onirique maison de la poésie rennaise se remplit petit à petit. Pour la deuxième édition des Bruits du monde, Cécile, Erwan, Gwénola et bien d’autres ont œuvré à la réunion de sept poètes invités, et d’un public amoureux de la poésie. La parade des gens est diverse, venant choisir un verre tendu comme l’amitié d’un moment partagé dans le jardin bucolique du 47 rue Armand Rébillon. La maison des associations littéraires accueille chaleureusement, proposant une exposition de poème-objets durant tout le week-end et surtout, des lectures et débats poétiques entre le jardin et la péniche-spectacle amarrée au quai Beauséjour sur la canal St Martin.

 

            Erwan invite les poètes sur une scène d’herbes, transats et chaises sont installés pour convenir au public. Un mot du président Jean Louis, un autre de Hugues le capitaine de la péniche, puis Erwan présente les auteurs. Chacun leur tour, ils récitent un poème de leur composition : Denise Desautel (Canada) entre en résidence à Beauséjour, Ariane Dreyfus (France), Luis Mizon (Chili) en bilinguisme espagnol, Patricia Nolan (Irlande), elle aussi bilingue, arrive et s’insère parmi les poètes, Eric Brogniet (Belgique), John Giorno (Etats Unis) en américain, venant de la Beat Generation , et Seyhmus Dagtekin (Kurde de Turquie) qui à la demande d’Erwan, dit un poème en sa langue.

            Lionel amène à découvrir l’exposition. Les personnes se rencontrent sur quelques verres offerts de vins, de cidre, d’orange. J’assiste à la rencontre respectueuse entre Denise Desautel et Luis Mizon. John Giorno est harponné par deux jeunes musiciens qui utilisent ses textes comme paroles pour de la musique hard rock. Patricia Nolan raconte sympathiquement quelques histoires de représentation, puis son projet de traduire elle même ses textes en français pour mieux transcrire l’émotion. Eric Brogniet paraît apprécier l’instant. Luis Mizon souhaite obtenir renseignement sur la location de barques pour naviguer sur le canal.

            Pour marquer le changement de résidence à la maison de poésie, une rencontre est organisée entre Jean Pascal Dubost (résident de l’automne 2004) et Denise Desautel (résidente de l’automne 2005). Le débat est fusionné par Erwan. Premier instant fort vécu sur la péniche, alors que la librairie rennaise Greenwich s’installe dans l’extension de la maison avec l’exposition. Plusieurs livres des auteurs en présence sont proposés au stand de la librairie.  La nuit tombe doucement, avec Cécile nous allumons les bougies le long de l’allée, tandis que l’éclairagiste allume des lumières vertes réfléchissant dans les arbres du jardin.

            Vers vingt et une heure, l’auberge St Martin accueille les poètes, les invités et l’équipe de la maison de la poésie à ses tables. Je vis le repas avec Gwénola, Luis Mizon, Gilles, John Giorno, Nicole, et la table continue. Luis sert le vin, et raconte, que sa mère au Chili a 93 ans, et aussi une rencontre effrayante qu’il a eu dans un train : une sorcière sur la route du Mont St Michel. Gwénola et Luis veulent que John raconte une ‘incredible story’. Je traduis comme je peux les questions posées sur la Beat Generation , John raconte comment Allen Ginsberg était un politicien, menant le mouvement Beat en publicité, tandis que Jack Kerouac n’était pas comme ça. John a 68 ans et fut un proche ami de William S. Burroughs.

 

« La mort de William Burroughs  

William mourut le 2 août 1997, un samedi à 6h30 dans l’après midi, de complications dues à une attaque cardiaque massive qu’il avait subi la veille.

Il avait quatre-vingt trois ans.

J’étais avec William Burroughs quand il mourut et ce fut l’un des meilleurs moments que j’ai passé avec lui.

 

 Exécutant les rites de la méditation bouddhiste tibétaine Nyingma,

J’absorbai la conscience de William dans mon cœur.

Elle ressemblait à une vive lumière blanche,

Eblouissante mais sourde,

Vide.

J’étais le véhicule,

Sa conscience me traversait. 

 Une gentille étoile filante me frappa le cœur et remonta le canal central,

Et sortit par le sommet de ma tête jusqu’à un pur champ de grande clarté et de béatitude.

C’était très puissant –

William Burroughs reposant dans une grande équanimité,

Et l’immense expansion du vide de l’esprit primordial de la sagesse. 

Je suis resté dans la maison de William,

Exécutant mes pratiques méditatives à son intention,

Essayant de maintenir de bonnes conditions et de dissoudre tous les obstacles qui pourraient se dresser contre lui dans le bardo le moment venu.

J’étais certain que William avait un haut degrés d’accomplissement,

Mais ce n’était pas un être complètement éclairé » 

Paresseux, alcoolique, camé, William.

Je ne laisserai pas le doute germer dans mon esprit,

Même un instant,

Car cela aurait fait germer le doute dans l’esprit de William.

Maintenant, je devais le faire pour lui. » 

La sagesse des sorcières, John Giorno (édition Al Dante, trad° G.G. Lemaire)

 

Patricia, Luis, Seyhmus, Eric et Ariane dorment à l’auberge pour le séjour, John est à l’hôtel des Lices, et Denise emménage pour deux mois dans l’appartement réservé à l’auteur en résidence, à l’étage de la maison de la poésie.

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